Les Trois Frères, le retour

Les Trois Frères, le retour

Un peu moins de vingt ans après avoir signé Les Trois Frères, la très peu fine équipe des Inconnus réitère l’expérience en offrant à cette comédie culte des années 90 une suite, qui, il faut bien l’avouer, n’était pas véritablement attendue.

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Prendre les mêmes et tout recommencer deux décennies plus tard n’est pas chose aisée. Mais au-delà des transformations physiques inhérentes au temps qui passe, le joyeux trio (Pascal Légitimus, Didier Bourdon et Bernard Campan) a fâcheusement loupé un train et oublié d’admettre qu’entre-temps, il est très certainement passé dans la case anonymat pour toute une nouvelle génération. Alors si les adolescents, pourtant avides de comédies, ont aujourd’hui d’autres figures humoristiques et ne se laisseront pas facilement draguer par cette affiche, les moins jeunes d’entre nous risquent d’être tout aussi sceptiques.

S’il est d’usage de dire que les meilleures soupes se font dans les vieilles marmites, Les Trois Frères, le retour n’a a contrario rien de savoureux et se révèle un plat bien fade. Les papys font de la résistance et renouvellent bien trop tardivement l’essai, rendant la démarche même de cette suite aussi incohérente que son scénario. S’empêtrant d’une nouvelle mesure testamentaire sur l’héritage de leur chère mère, gageant de réunir les frangins et puisque tout semble avoir été figé dans le temps, rien ou presque dans ce film ne va réellement s’éloigner des grandes lignes initiées par son aîné.

Ce ne sont pas les vulgaires changements de circonstances qui vont faire passer la pilule, le film se dévoile tout bonnement d’un ennui terrible et affirme avoir perdu toute la fraicheur de ses débuts. Alors le trio à la mine triste tente, avec le peu d’entrain qu’il lui reste, de trouver une légitimité à cette vulgaire mixture de critique sociétale, d’une accumulation de clichés sur une France Black, Blanc, Beur et d’un humour en dessous de la ceinture.

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Une reformation peu souhaitée et une soupe dure à avaler pour quiconque se souvient avoir bien ri aux blagues du premier volet et plus généralement aux innombrables sketchs du trio. Le poids des années écrasant cette comédie déjà bien lourde et peu viable en son postulat de départ où rien n’est à sauver et tout s’avorte sur le champ. Les Trois frères, le retour signe ainsi un désastre prévisible, une comédie feignante et rondouillarde, à la limite de l’indigeste. Jamais en phase avec son époque, jamais drôle et surtout très ringard.

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