Godzilla

Godzilla

Il en fallait du cran pour endosser le job de réveiller la bête. Et l’anglais Gareth Edwards, révélé avec Monsters, signe et oriente cette nouvelle version de Godzilla vers un reboot étonnamment plus intime.


Godzilla, le monstre symbolique créé en 1954 par les studios japonais Toho, figure emblématique d’un Japon post seconde guerre mondiale affaibli et apeuré par le nucléaire, fête cette année ses soixante ans. Mais il souffle comme un air de Spielberg sur ces bougies et pour ce retour en fanfare, le réalisateur touche-à-tout et plutôt doué Gareth Edwards entend bien rester fidèle à ses influences.

D’un film catastrophe tapageur et brouillon, Gareth Edwards transforme la franchise Godzilla en un drame contemporain réaliste à taille humaine. Sans pour autant transformer la mythique bestiole en nain de jardin, mais en dosant simplement ses apparitions et en laissant prendre le mystère. Captivant son audience, ce nouveau Godzilla un peu en embonpoint joue ainsi audacieusement le modeste pour affirmer ses nombreuses qualités.

Même s’il n’est pas facile à approcher, le roi des monstres reste le personnage central de ce film. Un emblème révélateur sur lequel tous les yeux sont rivés, entre espoir et frayeur, dans l’attente de réponses. Des révélations que Joe (Bryan Cranston), ingénieur sismologue, attend depuis quinze années et que son fils Ford (Aaron Taylor-Johnson), cédant à l’appel du terrain, risque bien de trouver.

Tout en restant fidèle aux films de monstres japonais (appelés « Kaiju Eiga »), Gareth Edwards trouve ses marques et s’accapare cette icône aussi terrifiante que protectrice. L’élançant dans une chasse aux M.U.T.O (créatures mutantes parasites), le réalisateur ne laisse que peu de répit à Godzilla, véritable prédateur dominant de cette fable écolo.

Un retour aux sources brillamment dirigé et qui promet d’élargir son public. S’éparpillant parfois par ses allusions et ses raccourcis scénaristiques, reste que Godzilla éblouit d’une noirceur détaillée et d’effets spéciaux époustouflants. Une réhabilitation crescendo du mythe réussie !

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