Doctor Sleep : Mike Flanagan n’a pas le Don

Doctor Sleep : Mike Flanagan n’a pas le Don

Tentative échouée de concilier les deux maîtres de l’horreur que sont Stephen King et Stanley Kubrick. Cette suite plus fantaisiste de Shining n’atteint pas le seuil de son prédécesseur. REDRUM !

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Le petit Danny Torrance, cinq ans au moment des célèbres premiers faits, a grandi avec les conseils de Dick Halloran. Les fantômes du passé s’enferment dans une boîte mentale, même si les traumatismes subsistent. Désormais adulte, et alcoolique comme l’était son père Jack, il tente de construire sa vie malgré son Don surnaturel. Abra, une jeune fille possédant tout comme lui « le Shining », prend contact avec lui. Elle veut neutraliser la tribu du Nœud Vrai, des assassins qui absorbent les âmes pour rester immortels. Les vieux démons ressurgissent, Danny erre de nouveau dans l’un des décors les plus terrifiants du cinéma d’horreur, l’Overlook Hôtel et ses couloirs interminables.

De l’extrasensoriel pas sensationnel

Après Stanley Kubrick, c’est au tour de Mike Flanagan de s’attaquer à l’œuvre de Stephen King. Le réalisateur de films horrifiques porte Docteur Sleep à l’écran, la suite du mythique Shining. Un défi monumental, à ses risques et périls, qui pourrait donner aux fans l’envie de s’emparer de la mythique hache tranchante ! Ce second chapitre déçoit. L’horreur psychologique si finement instillée dans la première œuvre laisse place à une simpliste tension fantastique, soutenue néanmoins par une efficace bande sonore. Danny a de nouveaux ennemis, les membres du Nœud Vrai.

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Cet escadron de bohémiens, des nomades en camping-cars qui ont des facultés psychiques hors-normes, sont les grands méchants du nouveau film. Jamais ce qu’ils sont ne sera défini ! Ils traversent les époques et se jouent de l’immortalité en inhalant le dernier souffle de vie, appelé « vapeur », de leurs proies. À la manière des Détraqueurs dans Harry Potter. Ces créatures vampiriques sont dirigées par Rose. L’actrice Rebecca Ferguson, jolie femme à chapeau, ne parvient pas à inspirer le danger. C’est embêtant pour une leader tortionnaire ! La magie prend le pas sur des thèmes plus cérébraux, apportés précédemment par Kubrick. Il en découle une profusion de passages kitsch à souhait : des cadavres se dégonflent, une antagoniste vole comme Peter Pan au-dessus des villes illuminées et l’utilisation (scénaristiquement trop facile) de projections astrales…

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Dany retourne jouer à l’Overlook

Du haut de ses treize ans, Abra est une fillette brillante, capable de tendre de morbides pièges psychiques à ceux qui lui cherchent des noises. À ses côtés, le talentueux Ewan McGregor a plus une figure de passeur. Il assiste ce nouvel enfant-lumière comme Dick Halloran avant lui. Danny a véritablement une sale vie. Il alterne ses journées entre ses réunions aux Alcooliques Anonymes et son travail d’aide-soignant à l’hospice où il apaise la souffrance des mourants. Ce qui lui vaut son surnom de Docteur Sommeil (Sleep). L’apparition d’Abra redonne vie à ses pires cauchemars, l’entraînant jusqu’aux portes de son enfer intérieur : l’Overlook. La reconstitution minutieuse des lieux sacrés est un plaisir nostalgique indéniable. La fameuse chambre 237, la porte défoncée à la hache, les moquettes à motifs des couloirs exigus… Danny parcourt lentement ces allées pour raviver les peurs de Shining. Chaque croisement semble recéler un danger. La machine à écrire, le bar, la musique jazzy, tout y est. Même de faux sosies de Jack Nicholson et Shelley Duvall !

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L’unique réussite de Mike Flanagan se trouve dans cette recréation du huis-clos d’épouvante qui couvre la dernière partie du film. Avec un certain sadisme, le spectateur se ravit de retrouver les visages familiers du logis maléfique. Cette ultime partie est cool mais, dommage, les portes se referment sur 2h30 de presque inutilité !