American Bluff, de David O. Russel

American Bluff, de David O. Russel

David O. Russel s’amuse avec American Bluff à rappeler que le cinéma n’est qu’un leurre, qu’il sait comme personne nous émouvoir mais qu’il reste un divertissement avant tout.

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Pour ce faire le réalisateur David O. Russel (Fighter, Happiness Therapy) a rameuté toute sa joyeuse bande de copains afin de vulgairement les grimer et de leur demander d’en faire des caisses en jouant aux imposteurs. Un postulat de départ plutôt engageant, confirmant le second degré de la troupe et revendiquant avec audace le bon vouloir d’une escroquerie en toutes formes.

American Bluff démolit pour mieux reconstruire, s’acharnant comme il se doit sur le rêve américain, le croquant en douce et sans aucun scrupule. Une véritable leçon de comédie sur fond de placements bidonnés et de scandale politico-judiciaire des seventies. Une histoire avec à son centre un duo à la Bonnie and Clyde (le couple Christian Bale et Amy Adams), bientôt transformé de force en trio (Bradley Cooper) tentant d’alléger les peines et de racoler de nouveaux poulains ou vilains (Jeremy Renner, Robert De Niro…).

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American Bluff ne manque certainement pas de rythme, rebondissant sans cesse tel un gamin tout excité devant ses idoles, bombardant de ses références et préférences. Un joyeux bordel en somme, véritable prétexte à son esthétique outrancière, ne négligeant aucune caricature d’une époque bien garnie. Un jeu continuel misant gros sur les apparences, au risque de plomber, à trop de superficialité, la véracité de ses émotions.

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American Bluff se contrefiche d’à peu près tout et triche avec une exagération monstre pour exister. Peu subtil et hystérique, la farce est grossière mais audacieuse, touchant souvent en plein dans le mille avec sa nonchalance et son humour. David O. Russel prouve sans relâche son amour pour un certain cinéma (dont celui de Scorsese à l’évidence) et ses marionnettes de luxe lui servent sans sourciller. Souvent too much, American Bluff épuise partiellement et écaille son vernis par manque de profondeur, épargnant seulement ses femmes et leurs personnages bien plus aboutis (Jennifer Lawrence, parfaite). Une contrefaçon de bonne facture, où le pastiche règne en maître, mais pas aussi bluffante qu’on l’espérait à la vue de ses 10 nominations aux prochains Oscars.

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